🗓️ 13 mai 2026

Première Journée Internationale des Personnes sans Papiers

Le travail est un droit❗

Pas un privilège‼️

Groupe de travail Action Régularisation présente :

🎡🎪Une kermesse militante au cœur de Bruxelles avec informations, rencontres, ateliers et jeux participatifs mettant en lumière les talents et les compétences des personnes sans papiers. Une attention particulière sera portée aux métiers actuellement en pénurie de main-d’œuvre.

🗓️ 13 mai🕙 14h - 18h
📍Marché aux Poissons (Métro St-Cathérine) - 1000 Bruxelles

Qui sommes-nous ?

Action Regularisation a pris l’initiative d’organiser cette Journée des Personnes Sans Papiers. Ce groupe de travail réunit des personnes sans titre de séjour issues d’organisations engagées dans la lutte contre la pauvreté en Flandre, à Bruxelles et en Wallonie. Forts de leur vécu, ils défendent un objectif central : le droit au séjour en Belgique. Le Brussels Platform Armoede soutient activement leur action. *

120. 000 personnes

On estime qu’en Belgique, environ 120 000 personnes vivent en séjour irrégulier. Elles construisent ici leur vie, mais restent exclues de droits fondamentaux tels que l’accès au travail, aux soins de santé ou à la protection contre l’exploitation. Elles vivent chaque jour dans une insécurité croissante. Les projets récents de visites domiciliaires, le durcissement des procédures de regroupement familial, et d’autres mesures encore, poussent davantage dans la marge des personnes qui vivent déjà dans l’ombre.

Cette situation n’est pas isolée. Partout en Europe et au-delà, les politiques migratoires se durcissent : la logique de contrôle prend le pas sur la protection. Les mesures liées au contrôle des frontières, à la détention ou à l’accès aux droits pèsent lourdement sur la vie de celles et ceux qui cherchent sécurité et stabilité. Hors d’Europe aussi, la tendance est similaire : les images d’actions violentes menées par ICE aux États-Unis restent gravées dans nos mémoires.

C’est pourquoi nous attirons l’attention sur une réalité essentielle : les personnes sans séjour légal existent, vivent parmi nous, contribuent à notre société et méritent le respect de leurs droits fondamentaux. Leur situation n’est pas marginale, mais constitue un défi international qui exige des solutions humaines et dignes.

Pourquoi une journée internationale ?

Nous voulons faire du 13 mai une journée internationale annuelle consacrée aux droits des personnes en séjour irrégulier. Cette journée se distingue clairement du 18 décembre, Journée internationale des migrants. Les personnes sans papiers sont souvent exclues en raison de leur statut, ce qui rend leur situation à la fois spécifique et particulièrement vulnérable.

Cette journée porte un message clair : les personnes sans papiers doivent être régularisées. La régularisation ouvre l’accès aux droits fondamentaux et renforce l’ensemble de la société. Tout le monde y gagne lorsque plus personne n’est contraint de vivre dans l’ombre.

La première édition aura lieu en 2026. Notre ambition dépasse les frontières belges : dans les années à venir, nous voulons faire du 13 mai une véritable journée internationale, avec des actions dans plusieurs pays et des collaborations à l’échelle mondiale. Nous commençons à Bruxelles, capitale de l’Europe - un lieu symbolique pour lancer cette initiative.

Le travail est un droit, pas un privilège !

L’accès au travail et à la formation professionnelle est au cœur de notre action cette année. Les personnes en séjour irrégulier disposent de talents, d’expérience et d’une forte motivation, mais ne peuvent ni suivre de formations professionnelles, ni acquérir une expérience officielle, ni contribuer à des secteurs en pénurie. Leur potentiel reste invisible, non pas parce qu’elles manquent de compétences, mais parce que leur statut les exclut.

Cette exclusion a des conséquences pour toute la société. Alors que la Belgique connaît des pénuries criantes dans les soins, la construction, l’horeca ou la logistique, des milliers de personnes prêtes à travailler restent sur la touche. D’autres pays montrent qu’une autre voie est possible : en Espagne, la régularisation liée au travail et à d’autres critères a permis à des milliers de personnes de sortir de la précarité tout en renforçant l’économie. Ces exemples prouvent que des solutions humaines et efficaces existent.

Avec notre kermesse militante au cœur de Bruxelles, nous donnons vie à ce thème. Une quinzaine de stands mettront en lumière les compétences des personnes sans séjour légal, à travers des ateliers, des jeux participatifs et des exemples concrets issus de secteurs en pénurie. Passants et bénévoles dialogueront, découvriront des talents souvent invisibles et comprendront mieux les obstacles structurels auxquels les personnes sans papiers se heurtent.

La kermesse est à la fois festive et politique. Elle rend visible ce qui reste trop souvent caché : les personnes sans séjour légal ne sont ni des chiffres ni des catégories, mais des collègues, des voisins, des amis qui souhaitent contribuer. Les débats récents sur les visites domiciliaires en Belgique, le durcissement des politiques migratoires européennes et les pratiques internationales comme celles d’ICE montrent à quel point leur situation demeure fragile. C’est précisément pour cela qu’il faut remettre leurs droits au centre.

Sur notre scène centrale, des personnes partageront leurs expériences et leurs revendications. Les stands, les supports visuels et les rencontres transmettent ensemble un message clair : l’accès au travail est un droit fondamental, et la régularisation en est la clé. Reconnaître les talents et créer des opportunités, c’est construire une société où personne n’est condamné à vivre dans l’ombre.

Nos revendications

Les deux premières revendications concernent des adaptations de la procédure de régularisation actuelle, tandis que les deux dernières concernent d'autres accès aux droits et au séjour.

1. Établir un cadre clair pour la régularisation.

Créer un cadre clair et adapté à la réalité, qui n’oublie personne

La loi actuelle ne définit pas les « circonstances exceptionnelles » pour une régularisation. Nous demandons donc au gouvernement fédéral de fixer des critères précis, mais non cumulatifs, indiquant dans quels cas — ou quelles combinaisons de situations — une régularisation est possible. Avoir un travail/promesse d'embauche, pourrait être l’un de ces critères (mais pas le seul).

Créer d’une commission consultative indépendante

Pour les autres situations humanitaires, qui ne répondent pas à ces critères, les personnes doivent pouvoir s’adresser à une commission indépendante et multidisciplinaire qui évaluera l’intérêt réel du retour et la possibilité d’un avenir durable, en considérant notamment la santé mentale, les droits de l’enfant, la santé et la situation socio-économique des pays d’origine. Une telle commission est prévue par la loi (article 33, loi du 15 décembre 1980), mais n’a jamais été mise en place.

Prévoir cohérence autour du critère « travail »

La régularisation doit rester accessible à tous, indépendamment de leur employabilité. Nous demandons toutefois davantage une approche plus cohérente concernant l’aspect « travail » dans l'évaluation des demandes de régularisation, et c'est pour les raisons suivantes:
Aujourd’hui, on régularise surtout des personnes très fragiles, pour une durée d’un an, à condition qu’elles ne demandent pas de l’aide publique. Elles se retrouvent donc obligées de travailler, même si elles n’en sont plus en mesure, alors que leur régularisation n’était pas liée à l’emploi (mais à des circonstances exceptionnelles humanitaires). Paradoxalement, les demandes de personnes qui disposent de véritables perspectives professionnelles sont presque toujours refusées.

2. Utiliser les métiers en pénurie comme levier pour la régularisation et un travail digne.

Mettez fin aux abus pour les travaux déjà effectués

Beaucoup de personnes en séjour irrégulier travaillent déjà dans des secteurs en pénurie (nettoyage, horeca, commerce, transport), mais dans des conditions précaires, sans droits, dont certains employeurs profitent. Les opportunités d’emploi devraient jouer un rôle central dans l’évaluation des demandes de régularisation.

Fournir un cadre législatif réaliste
 
Les régions, en accord avec le fédéral, devraient établir une liste claire des métiers en pénurie ouvrant la voie à une régularisation. Une fois régularisées, les personnes doivent disposer d’un délai suffisant pour trouver un employeur ou un emploi, afin d’éviter toute nouvelle exploitation.

Rendre la reconnaissance des compétences acquises plus facile

Les personnes ayant de l'expérience dans ces métiers doivent pouvoir faire reconnaître officiellement leurs compétences acquises par les services compétents, même si elles ont travaillé dans l'économie informelle. Bien qu'il existe déjà un cadre législatif, mais de nombreux obstacles et restrictions subsistent dans la pratique.

3. Permettre l’accès aux formations professionnelles.

Misez sur des formations accélérées et complémentaires ainsi que des formations pour les professions en pénurie

La formation professionnelle reconnue doit être accessible pour des personnes en séjour irrégulier. Les personnes qui n’ont pas encore les compétences nécessaires doivent pouvoir suivre une formation pour se reconvertir ou actualiser leurs études réalisées à l’étranger.
Les régions, en collaboration avec le gouvernement fédéral, doivent créer un cadre permettant cet accès et définir les secteurs prioritaires pour ces formations.

4. Autoriser l’introduction d’une demande de permis unique depuis la Belgique.

Optimisez l'utilisation de cet outil utile

La solution la plus simple et transparente pour permettre aux personnes en séjour irrégulier d’accéder au marché du travail est le permis unique. Aujourd’hui, il n’est accessible qu’aux personnes encore dans leur pays d’origine, ce qui limite fortement son utilisation. Nous proposons de réformer ce système afin que les personnes en séjour irrégulier puissent aussi en faire la demande depuis la Belgique. Cela faciliterait leur contact avec les employeurs, valoriserait leur connaissance des langues et leur expérience déjà acquise dans des entreprises belges, et répondrait aux pénuries de main-d'œuvre.

Prévoir une mesure transitoire pour les demandeurs d'asile

De plus, de nombreux demandeurs d’asile ont travaillé en Belgique pendant leur procédure. Après un rejet, ils ont dû quitter leur emploi alors que leurs employeurs avaient besoin d’eux. Une mesure transitoire est donc nécessaire pour ne pas perdre cette expérience.

Nous ne sommes pas seuls. Un large réseau de partenaires - grands et petits, issus de secteurs variés et dotés d’expertises complémentaires - a uni ses forces pour montrer que la situation des personnes en séjour irrégulier doit urgemment s’améliorer. Parmi eux, plusieurs collectifs de personnes sans papiers.

Nos partenaires:
  • ACV Brussel - CSC Bruxelles
  • Ara vzw
  • BAPN
  • Collectif des sans papiers bénévoles intégres de Bruxelles
  • Coordination des sans papiers des la Belgique
  • Union des sans papiers pour la régularisation/USPR
  • Zone Neutre
  • Comité des femmes sans papiers
  • La voix des sans papiers Bruxelles
  • La voix des sans papiers Liège
  • Collectif des bénévoles sans papiers integrés de Bruxelles
  • La Ligue des travailleuses domestiques - CSC BXL
  • CIRÉ
  • Collectif Formation Société asbl
  • ABVV Brussel - FGTB Bruxelles
  • PICUM
  • Vluchtelingenwerk
  • MAISON DU PEUPLE D’EUROPE
  • PIGMENT
  • De Buurtwinkel
  • Netwerk tegen Armoede
  • Kenniscentrum WWZ
  • Filet Divers
  • Move Coalition
  • Vriendschap zonder Grenzen / Amitié sans Frontières
  • RWLP
  • Collectif Brésilien
  • Collectif Afghan SP
  • VLOS
  • House of Compassion
  • asbl Ballal
  • Saamo Brussel
  • Chez Nous / Bij Ons
  • Collectif Des Livreurs
  • MOC Bruxelles
  • 100PAP
  • Recht op Migratie

Le travail est un droit, pas un privilège

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